Les secrets de la vitesse (part 1/2)
Les secrets
du patinage de vitesse
LES FONDAMENTAUX POUR LES NULS
Ce titre ronflant un tantinet aguicheur pour ne pas dire délibérément racoleur, histoire de capter votre attention et susciter une curiosité de bon aloi qui vous aura bien titillé puisque vous voici, là, bavant d’envie, à vouloir avaler goulûment la recette magique...
De secrets d’apothicaire, il ne va point en être question puisque je me propose, modestement, de passer en revue quelques concepts vieux comme le patinage, mais remixés à la moulinette d’une nouvelle présentation, fruit de constats répétitifs et de réflexions toutes personnelles.
welcome on board hello les loulous, nous sommes le carré de filles de Kia Verducci 2004 en direct live from the Sweet’z Air Land : Jeff nous a réquisitionnées (sans vraiment nous consulter mais c’est pas grave, c’est pour la bonne cause et en plus, il a pris soin de citer notre sponsor adoré) pour illustrer son article qui vous livre tous nos petits secrets ; nous vous recommandons de conserver votre casque bien attaché et vous souhaitons un agréable vol en notre compagnie
dauphins de l’asphalteformation diamant pour quatre déesses de la glisse, assiette bien fléchie a la ritchie en harmonie avec l’environnement et le développement durable de la foulée ; de suivre son ombre étirée ou une roue arrière de vélo ou une ligne blanche non glissante ou un patineur canonique, aide grandement à acquérir son amplitude, sa densité et sa symétrie de bascule ; les épaules peuvent osciller gauche-droite voire avant-arrière (alignements powerbox) mais pas haut-bas (amortissement sinon : les yeux et le casque décrivent une translation rectiligne - vision flagrante lorsque la rangée de têtes d’un peloton au train, émerge et défile derrière une haie ou un muret ou une balustrade)

Voici donc, sous forme télégraphique, spécialement sélectionnés et servis à la bonne franquette, quelques conseils, rappels et suggestions, pour atteindre vos objectifs de vitesse en patinage éponyme (mises à jour continues et ponctuelles à prévoir). Ce dernier remet en cause par bien des aspects paradoxaux ou contraires, les bases logiques et convenues du patinage fitness tel qu’appris à l’école (physique quantique Vs mécanique classique), d’où une réelle difficulté à intégrer et ressentir tout de suite ces nouveaux principes :
1/ le fouetté tu arrêteras, le retour tu soigneras : ne pas pousser latéral comme une mule ; passé le cône restreint de la power box (28°), ça ne sert strictement à rien sauf à vous disperser, à chasser les mouches ou mettre la pétoche à vos poursuivants qui se dépêcheront alors de devenir vos prédécesseurs ; a contrario, penser à faire l’effort (volontaire au début puis inné à force) de ramener le pied bien contre l’autre par un arc de cercle coulé comme on vous a montré (souple, léger et bref, genou vers l’intérieur), pour engager et caler la poussée max sous son centre de gravité, jambe fléchie et axiale au mouvement (appui tombant vertical et non vers les côtés, jambe écartée et tendue en bord de mouvement). Ce TOC de débutant, ou de vétéran fatigué, est un défaut "energy killer" que je relève trop souvent et qui est somme toute facile à régler (par de la volonté et un minimum de concentration).
Sensation : refuser l’envol élastique de son pied en fin de foulée, anticiper le retour en reculant son talon au sol, ramener le genou parti contre le genou porteur (en profitant pour le coup de l’élasticité de retour naturelle des ligaments dans cette phase non pressionnée - pied en l’air, flexion légère, pas de poids), pivoter intérieur (comme une dérive ou une nageoire) la cheville libérée pour amorcer l’atterrisage du ramener sur la carre externe, poursuivre une fluidité dynamique sans temps mort ni déchet = pédalage du cycliste pro.
Remarques : l’angle optimal et la trace de contact du patin au sol, varient en fonction du terrain (pente, plat, gratton) et de la phase (départ, peloton, sprint) : patin ouvert et droit pour foulée sèche et naturelle (fréquence : skating canard du fondeur), patin rectiligne et tanguant pour foulée ample et complexe (amplitude : double poussée serpentine) = gamme de vitesses du pédalier.
my name is cliff, theresa cliff
je suis une yankee du genre baraquée : la forteresse de mes hanches et la féminité de mes cuisses, ne m’empêchent pas de vous proposer un alignement NMGP tip top (comment pourrait-il en être autrement à mon niveau ?) ; sentez l’équilibre parfait et serein qui se dégage de ma symétrie inertielle axée sur le patin porteur, mes bras ne font pas les avions ou les moulins à vent contraires au mouvement, je ne saurais parasiter la perfection instantanée que j’ai créée aux fins de me la couler douce en vous montrant la voie de la bascule infinie : admirez mon transfert de poids et suivez ma livrée de championne du monde : facile, isn’t it ?

2/ les alignements "NMGP" tu conserveras : tête (Nez Menton)-Genou (fémur-rotule-tibia)-Pied (axe talon pointe)-plan de la platine porteuse, à tout moment quels que soient la phase, l’angle ou le déséquilibre de la poussée. Si vous brisez ne serait-ce qu’une partie de cette géométrie corporelle rigoureusement optimale (bloc parallélépipède parfait dont la résultante devrait être idéalement un vecteur d’un seul tenant), vous êtes mort et contre productif (ressorts amortissants à multiples segments). Autre formulation pour les hellénistiques : lambda ou igrec non, mû oui.
Mû comme motion : l’angle grec ou le triomphe de l’équilibre instable
Description : Quand le gros débutant shewbacka patine poids au centre, jets sur les côtés, l’apprenti jedi cherche, tâtonne, transige, n’a pas encore tout bien compris, tandis que l’abouti vole et se balance sans effort, car possédant le don de l’équilibre absolu et le goût pour la mise en danger permanente... Faites-vous partie de ces nantis de la tribu de Mû ?
Sensation : conserver sa tête à l’aplomb du patin porteur, percevoir dans son champ de vision bas, le bon alignement genou-roue avant qui dépasse, forcer la flexion et le ramener dans l’axe du mouvement (un rail à gauche, un rail central, un rail à droite, tous parallèles).
speedy boum boum contrairement à Theresa, ma carrure un peu bouboule de bombasse du sprint, me permet d’arborer un vecteur vertical [tête>genou>pied] d’une rectitude géométrique saisissante (plan de la bascule), mon bras a l’air plus détaché, mais il est le contre balancier synchro de ma fin de poussée latérale qui, comme vous ne le savez peut-être pas encore parce que je ne vous vois pas souvent ni devant ni derrière, est particulièrement, ... hum comment dire ?... dévastatrice !? That’s it.
Remarques :
le juste positionnement de la platine est crucial et susceptible d’être revu au fil du temps : normalement entre le gros et le deuxième orteil, la règle étant de ne pas casser la cheville sur une carre ou sur une autre, ni au repos ni en mouvement.

quant au positionnement du buste : ni trop penché (les lombaires supportent tout le poids du haut et bonjour douleur au dos) ni pas assez (position relevée touriste), à vrai dire un compromis subtil et dynamique entre centre d’inertie rotulien du bassin (couplage masse haute/masse basse dans le cône de la powerbox), profil et stabilité aérodynamique (la ligne ses épaules toujours à la même altitude) et puissance de foulée (tronc/masse haute en prolongement de l’angle de la jambe/masse basse tendue en fin de poussée).
en virage : l’alignement des segments doit permettre à son ennemie jurée, la force centrifuge (qui vous cisaille les reins quand elle prend le dessus et emporte votre masse haute vers l’extérieur), de venir à la fois se confondre, et ainsi renforcer, la force de poussée haut-bas sur vos appuis, tout en se pétant le nez contre la force centripète de la force de réaction due à l’ancrage du patin porteur au sol ; d’où cette prise maximale d’angle chez les short-trackeurs confrontés à une force d’éjection maximale car rayon de virage minimum. Densifier ses masses en ramenant ses bras près du corps et fléchir ses cuisses (s’asseoir) pour baisser son centre de gravité (rapprocher ses fesses et sa masse haute du noeud d’ancrage), permettent donc de lutter contre tout en se réappropriant ce surcroît d’énergie issu de l’accélération tangentielle (d’où aussi les virages inclinés en vraies pistes de vitesse, et les centrifugeuses basculantes pour cosmonautes ou pilotes de chasse à colonne vertébrale coulée dans la masse).
Que ce soit en ligne droite à fond...
tristan loy
... en promo double poussée...
... ou en virage ultra serré : N.M.G.P. forever !!!
jordan malone
3/ sur la roue du milieu (ou le talon) tu pousseras (appuieras) : pour une transmission directe et maximale de l’énergie verticale (corps + jambe + résonance résultante de la phase précédente), ce dès le début du poser après retour. La force délivrée doit être maximale en un point (sommet du cône inversé de force), jambe sous le corps ("the fall" : le tomber de hanche) et non une fois tendue vers l’extérieur comme d’apparence. C’est la grande et primordiale différence qui distingue un patineur accompli d’un patineur d’Epinal : le dernier pose le patin pour se rassurer puis "jette" sa jambe latérale et termine fort pour "pousser" (à la mode quadeur) (croissance/croyance), le premier pousse fort vertical (poids + muscles) dès le poser de patin et finit son latéral en mourant à la périphérie de la powerbox (décroissance/réalisme).
RAPPEL : l’art et le mystère du patinage consistent à transformer une énergie VERTICALE en un déplacement HORIZONTAL. Ce concept étant trop difficile à penser pour un débutant et les apparences étant en plus fort trompeuses (la double poussée du chimpanzé), on continue de faire croire à l’école maternelle du patinage que les bébés naissent dans les choux (alors que...) ou que la pomme est attirée par le centre de la Terre (alors qu’elle ne fait que suivre la courbure du puit espace-temps déformé par la force gravitationnelle de l’univers)... Du moment que l’on ne fait pas croire que le Soleil tourne, comme la Lune, autour de la Terre...
Sensation : vous avez deux jambes de bois qui démarrent sous les genoux et se terminent en pointes sur des monoroulettes ou encore des pelles d’aviron (l’eau étant l’asphalte).
Remarque : avoir bon dos, c’est faire le dos rond (la masse haute contribue alors au vecteur vertical) et non creuser les hanches pour singer les champions (brisure de la synergie corporelle : non seulement vous patinez sur la pointe comme les tutus de l’opéra qui ne sont pas des coureurs de marathon aux dernières nouvelles, mais encore vos lombaires vont bientôt rougir comme le feu et crier grâce sous la tension excessive de la masse haute suspendue vers l’avant. Bref, non content de patiner mal, vous allez vous faire très très mal...). Voûté yes, cambré no.
la bosse du crack le nez d’arnaud gicquel semble planté sur les vertèbre dorsales du punisher alias pascal briand ; noter le contact des mains, nullement offensif ou répulsif, mais au contraire soft et effleurant dans le sens du mouvement (détail vital dans les pelotons chenilles d’Engadin et ses toboggans descentes à +80km/h).
... suite dans "Les secrets de la vitesse (part 2/2)" ...